Leur week-end, mon week-end

Ce week-end Fred et les garçons sont partis camper avec un groupe d’amis avec qui nous avons plaisir à nous retrouver régulièrement. Tous, comme nous, pratiquent l’instruction en famille, et c’est un vrai plaisir d’échanger et d’avancer avec des personnes confrontées à un quotidien semblable au nôtre. N’ayant pas trouvé de solution pour nourrir les brebis, j’ai décidé de rester à la maison, ce qui était plutôt nécessaire pour moi. Réflexions et remises en question ont été à l’ordre du jour pour moi pendant ce week-end, et je pense avoir réussi à mettre un point d’orgue aux difficultés intérieures que j’ai vécues ces deux dernières semaines.

Parce qu’il est si facile de se perdre, parce qu’il y a moins de 10 ans j’étais cette fille hyperactive avec de grands plans pour sa vie (qui impliquaient une grande carrière, des déménagements à l’international et non, non vraiment, pas d’enfants, merci bien!). Et me voilà aujourd’hui dans cette petite vallée (que j’ai toujours trouvé trop petite et trop perdue vu de la grande ville d’où je venais) avec deux enfants, un chien, deux chats, sept brebis et trois lapines…

Alors la question est simple: ne me suis-je pas perdue? Quel est mon avenir dans tout ce tourbillon d’activité? Qu’est ce que je fais pour MOI? … Et après plusieurs semaines d’inconfort à ressasser toutes ces questions, j’ai trouvé ma réponse. Et si pour une fois j’arrêtai de me soucier de moi? Et si pour une fois j’acceptais de donner sans aucune garantie de recevoir? La seule manière de prendre le contrôle de sa vie est de lâcher prise. La seule manière de vaincre la mort est de donner sa vie. Entre un décès qui m’a secoué, des questions liées à mon état de santé et des plans qui ne fonctionnent pas tout à fait comme on l’attendait, j’ai vécu un genre de burning-out émotionnel qui m’a amené à me demander QUI je suis. Non pas ce que je veux, où est ce que je veux aller, ce que je veux FAIRE… mais qui JE SUIS. Et à cette question, je crois malheureusement que nous ne pouvons pas trouver de réponse certaine. La vie est bien trop mouvante et pleine d’imprévus. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes tous des témoignages d’un amour bien vivant. Nous sommes nés de l’amour et nous vivons pour lui. Alors la meilleure façon de vivre sa vie, c’est la donner. Je ne veux plus être productive, je ne veux plus me soucier de ce que je veux FAIRE de ma vie. Je veux être tout simplement. Je veux donner de l’amour chaque jour, à commencer par les membres de ma famille.

Alors ce week-end j’ai fait ce que feraient beaucoup de maman qui ont l’opportunité d’être seules quelques jours. J’ai tricoté, j’ai lu et surtout j’ai préparé le retour de ceux que j’aime. J’ai apporté la touche finale à nos petits aménagements, j’ai cuisiné un navarin et des muffins au chocolat. Ils sont rentrés fourbus et ravis, ils ont été chaleureusement accueillis, et comme nous le faisons si bien, c’est autour d’un bon repas que nous nous sommes reconnectés. Et finalement c’est cela la plus belle chose que je FAIS chaque jour: je SUIS l’âme de notre foyer, celle qui apporte chaleur, amour, réconfort et grâce à qui ils peuvent festoyer chaque jour. Un bon repas, un feu dans la cheminée et quelques bougies parfumées suffisent à leur faire oublier toutes les déconvenues subies par ailleurs. Mais surtout, que ce soit Fred, Isaac ou Sohan, ils savent qu’ils ont un point de chute, un endroit où ils sont aimés et considérés pour ce qu’ils sont, quelles que soient les difficultés vécues par ailleurs.

« There’s no place like home » et j’en suis la garante, la gardienne, celle qui maintient la flamme allumée chaque jour pour eux. Et ici et maintenant cela me suffit, on verra bien où la vie me mènera dans quelques années. En attendant je sais à quoi travailler, et c’est avec volonté, certitude et assiduité que j’avance, même si aucun jour ne se ressemble et que parfois, la vie si douce que je mène, peut devenir difficile à suivre.

Je vous souhaite à tous une très belle semaine!

*Oui le compte de nos animaux a un peu changé, mais ma santé ne me permettait pas de garder tous les lapins que nous avions (qui ont tous trouvés de bienveillants propriétaires) et notre bélier va malheureusement nous quitter. Après plusieurs expériences malheureuses , dont une où je n’ai pas été loin de finir les rotules brisées, nous avons décidé de nous séparer de ce mâle trop vigoureux. Nous ne garderons plus de bélier à l’année et resterons juste avec les brebis, ceci pour veiller à la sécurité des enfants ainsi que la mienne étant donné que nous interagissons quotidiennement avec la petite troupe, notamment en les emmenant pâturer sur les hauteurs de la Vallée Perdue, ce qui est une expérience des plus enrichissante pour notre famille!

P.S.: dans le cadre de cette réflexion intérieure, j’ai décidé de me recentrer sur ce qui est juste pour moi et de perdre moins de temps dans ce que je trouve parfois futile. J’ai donc supprimé mes comptes des réseaux sociaux. Je continuerai de venir sur cet espace, et j’espère même avoir plus de temps pour y être plus régulière. Avec les garçons nous avons terminée notre première période et dans quelques jours, je viendrai vous faire un petit topo « IEF ». 

  10 commentaires de “Leur week-end, mon week-end

  1. 10 octobre 2016 at 6 h 04 min

    Bonjour,
    Si je peux me permettre juste un conseil : ne vous oubliez pas. Pour donner du bonheur aux autres il vaut être épanoui soi-même, trop donner sans retour c’est le risque de se réveiller un matin avec le même effet  » burning-out émotionnel que vous venez de connaître. Un équilibre de vie c’est compliqué et çà passe par des remises en question régulière pour réajuster. A chaque fois on se dit « ce coup ci je sais comment faire pour avancer » et hop quelques semaines, mois plus tard çà ne convient plus. Pleins de bonnes choses à vous et aux vôtres.

    • 19 octobre 2016 at 12 h 47 min

      Non je ne m’oublie pas, j’essaye juste de donner entièrement, sans attentes, et de faire de même quand je reçois. Je fais des choses pour moi mais j’arrête de chercher à recevoir lorsque je donne :) Merci pour votre commentaire! Et oui, le réajustement est constant et sans fin!

  2. 10 octobre 2016 at 7 h 22 min

    bonne réflexion et belles initiatives. j’hésite encore à me séparer de FB, G+ et P, qui me permettent d’avoir (rapido) des nouvelles des ami(e)s… mais feedly et un retour vers les blogs pour laisser un commentaire, c’est tout autant agréable. bonne semaine Nadège.

    • 19 octobre 2016 at 12 h 46 min

      Hi hi ça m’a laissé beaucoup de temps libre 😀

  3. 10 octobre 2016 at 19 h 59 min

    Pour ma part j’étais dans la démarche inverse. Je me suis rendue compte que je faisais tellement de choses pour ma famille que quand j’avais du temps devant moi, c’était toujours pour les autres et pas pour moi.
    Du coup j’ai repris des petites activités pour moi : toutes simples -tisser, lire, bricoler- mais elles me font du bien. Et même si souvent ce qui en ressort est pour mes enfants, ou la famille dans son entier, ça participe de mon épanouissement personnel.
    Mais tes mots me parlent aussi, ils m’offrent de voir mon rôle sous un angle différent.. Et valorisant. Je trouve que ton témoignage parle de la Mère dans son essence profonde, et avec beauté. Pas comme l’image dégradée à laquelle on est habituées et que l’on fini par intégrer nous-mêmes. Merci.

    • 19 octobre 2016 at 12 h 46 min

      Ce qui m’est arrivé c’était un mauvais équilibre dans le sens où je donnais déjà à ma famille mais en attendant quelque chose pour MOI. Or maintenant je pense avoir compris que lorsqu’on donne il faut le faire sans attentes, de même lorsqu’on reçoit. Je prends toujours beaucoup de temps pour moi, mais je ne demande plus aux autres de me donner lorsque moi je donne (hi hi bon alors là c’est pas super clair mais je sais pas comment exprimer ça). En tout cas merci pour ton commentaire!

  4. Delatsch
    12 octobre 2016 at 20 h 30 min

    Ta réflexion intérieure t’as permis de te libérer et de revenir à l’essentiel, cela fait parti des lois cosmiques. Tu vas permettre aussi à tes enfants de grandir dans un épanouissement total, et dans le respect d’une vie familiale et maritale. Votre lieu de vie est devenu un havre de paix et d’amour. je suis fière d’être ta mère.

  5. 2 novembre 2016 at 18 h 31 min

    Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis, parfois on est sur tellement de tableaux, avec tellement d’envie qu’on finit par se perdre et ne plus savoir vraiment qui on est ou ce qu’on veut. Moi aussi j’ai traversé une période pas simple après notre déménagement, maintenant cela va mieux mais il m’arrive encore de penser que je n’ai pas assez de temps pour moi. On s’organise avec le papa pour qu’il y ait des jours fixes dans la semaine où je peux être seule pour faire ce que j’ai envie. J’en ai vraiment besoin. La mise en place d’un temps de travail avec Keyo a considérablement réduit le temps que j’avais, il y a encore des ajustements à faire pour que tout le monde ait son équilibre mais on est sur le bon chemin :)

  6. 4 novembre 2016 at 20 h 23 min

    Je commençais à m’inquiéter, ne te voyant plus sur Instagram. C’est Alexandra qui m’a dit que je te trouverais là avec plus d’explications. Je viendrai te suivre ici avec plaisir car j’aime bcq tes réflexions et votre mode de vie. En tout cas je te tire mon chapeau, je me rend compte aussi que je passe du temps sur internet, je tente de diminuer je ne vais sur Facebook que pour le groupe non sco du département, mais j’utilise bcq Instagram ça me permet d’avoir un cercle « d’amie virtuelle » qui ont les mêmes centre d’intérêts. Bref difficile de décrocher.

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